TEXTE DE JACQUES GOSSELIN
Durant l’été
2002 l’idée de louer un Beaver nous est venue et si au
début elle pouvait paraître bizarre, elle germait tranquillement
aussi bien en Pascal, qu’en Vincent et moi-même.
De toute façon connaissez-vous
un pilote d’hydravion qui ne rêve pas de piloter un jour
cet avion mythique qu’est le Beaver ?
L’été s'achève,
Vincent est retourné en France et l’idée s’est
un peu endormie tout comme nos flotteurs, mais l’hiver venu,
nous pensons déjà à nos futurs vols.
Voici notre Beaver revenu.
Un beau jour Pascal m’envoie
un courriel ‘’Jacques, Vincent m’a écrit,
il revient avec l’idée de faire une virée dans
le Nord avec un Beaver’’, je saute sur l’occasion,
pas de problème, je suis partant et j’arrange le coup,
depuis que j’en rêve, voici une opportunité que
je ne peux laisser passer.
Tout d’abord il nous faut trouver
le transporteur qui acceptera de nous louer son Beaver, comme pilotes,
car évidemment on veut bien jouer les touristes mais notre
but est de piloter le beaver et de préparer notre voyage dans
son intégralité.
Évidemment les assurances nous
obligent à voler avec un pilote de sécurité,
cette fois ça fait notre affaire, mais nous désirons
que la présence de celui-ci soit la plus discrète possible
tout en nous permettant d’utiliser ses compétences comme
instructeur de Beaver et garde fou au cas où ! Ni Pascal ni
moi, bien qu’ayant participé de très près
aux rallyes aériens de l’APBQ 2001 et 2002 et fait pas
mal de vadrouilles dans le moyen nord, sommes jamais allés
très haut dans le Nord et Vincent quoique étant à
son troisième voyage nordique ne connaît pas le beaver
et est bien content aussi d’avoir un pilote de sécurité.
Depuis longtemps je rêve des
Torngats alors la destination est toute trouvée, d’autant
que nous prévoyons initialement faire le voyage avec deux passagères,
les coûts étant alors plus distribués, nous pouvons
envisager plus d’heures de vol. Malheureusement très
vite une de nos passagères se désiste, organisation
de vacances problématique et coût trop élevé.
Nous voici donc quatre Pascal, Vincent, Martine et moi.
Pour limiter les dépenses je
propose de rester dans un budget de 3000$ (2500$ pour l’avion
et 500$ pour l’hébergement) par personne et d’organiser
le vol en conséquence. Tout le monde accepte et me voici à
préparer un nouvel itinéraire respectant nos coûts
mais aussi nos impératifs de temps.
Le voyage ne doit pas durer plus de
4 jours (18h de vol) en prévoyant une possibilité de
rester pris par la météo durant deux jours. La seule
semaine commune se trouve être celle du 20 au 26 juillet, Martine
devant reprendre l’avion pour la France le 27 en fin d’après-midi,
car elle travaille le lendemain.
Avec ces impératifs je trouve
après quelques téléphones et courriels, notre
transporteur, ce sera Air Mont-Laurier. Choix judicieux que nous ne
regretterons pas. Accueil très sympathique, hydrobase parfaitement
entretenue, avions dans un état proche du neuf tellement Norman
et ces fils les chouchoutent et surtout un intérêt marqué
pour notre excursion nordique et un plaisir évident à
partager, de la part de Norman, pédagogue dans l’âme,
une partie de son immense expérience avec nous. Que trouvez
de mieux ? Après consultation avec Pascal l’affaire est
entendue ; nous volerons avec Air Mont-Laurier, Vincent et Martine
nous font toute confiance.

Notre Beaver au lac du mâle

Notre trajet
Reste la navigation, après
consultation et vérification des distances acceptables pour
notre Beaver qui sera à son poids maximum de 5090lbs, la distance
maximale à parcourir s’avère être de 325
milles terrestres ‘’sm’’, l’anémomètre
de CFTUR est gradué en milles à l’heure ‘’mph’’.
Compte
tenu que sa vitesse indiquée de croisière est de 100
mph nous pouvons voler théoriquement 3.15 heures. Un petit
calcul de précaution me dit qu’il n’est pas rare
de rencontrer des vents de 25 mph dans le Nord et évidemment
de face. Ceci réduit donc notre vitesse sol à 75 mph
et nous autorise de fait un rayon d’action très sécuritaire
de 250 sm. Nous devons aussi tenir compte que chaque jour de navigation
soit partagé en trois étapes puisque nous désirons
voler tous les trois chaque jour. Nous y parviendrons de belle façon.
Nous décidons donc de notre
parcours en conséquence et arrêtons notre choix.
Pour
la première journée, première partie départ
de Sainte- Véronique, base de Air Mont-Laurier, au lac du Mâle
au réservoir Gouin pourvoirie de Norman Ouellette, puis sur
la deuxième branche nous volerons jusqu'à Baie du Poste
et la troisième et dernière partie nous mènera
au Lac Plétipi, à la pourvoirie de monsieur André
Bernier, en longeant le lac Mistassinni et la rivière Témiscamie
sur presque une centaine de sm avant de prendre plein Est.
La seconde journée nous amènera au point le plus septentrional de notre navigation, le canyon Eaton.
Départ du lac Plétipi pour le lac Pau,réservoir Caniapiscau, puis la rivière Caniapiscau jusqu’au canyon Eaton avant de redescendre sur Schefferville par la rivière Goodwood et finalement se rendre à Wabush faire le plein avant d’aller dormir chez Éliane à Fermont.
Éliane et Michel amis de longue date de Martine font des excursions en traîneaux à chiens l’hiver, http://site.voila.fr/traineau et l’été reçoivent des amis de passage participant à des excursions comme la nôtre.
La troisième journée nous mènera par le chemin des écoliers à survoler l’ancienne ville de Gagnon avant d’amerrir au lac Louise, pour faire le plein. De la, direction le lac Margane, essence oblige et enfin la troisième partie nous ramènera au réservoir Gouin.
Initialement pour cette quatrième journée nous devions rejoindre le lac Saint-Jean en descendant la rivière Péribonca puis Kanawata et enfin Sainte-Véronique. Les conditions météorologiques nous ayant imposé quelques changements la fin de la troisième journée a du être modifiée et la quatrième et dernière journée sera finalement un court vol vers Sainte Véronique qui nous permettra d’ajuster le partage des heures et de pratiquer une dernière fois nos décollages et amerrissages.
Tous les préparatifs sont finis, nos équipements prêts, le régime citron jus tomate fini pour lutter contre les mouches, il paraît que ça marche, les distributeurs de produits de protection contre tout insecte piqueur sont en rupture de stock, nous sommes passés par là……………….