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Balade en Beaver dans le Nord du Québec

 

Vincent et Martine sont arrivés de France, le grand jour approche.

Finalement le vendredi 18 juillet au soir tout le monde se retrouve à Sainte Véronique. Norman, son épouse Danielle et les enfants nous ont organisés un bon BBQ.

Norman nous donne la chance de déguster de l’orignal cuit dans sa vieille poêle de fonte, tout le monde saute sur l’occasion, délicieux. La soirée s’étire, les prévisions pour demain ne sont pas encourageantes, on verra au lever.

Samedi matin 19 juillet, Environnement Canada (service météo) ne s’est pas trompé. C’est franchement pas terrible pour le départ ni sur le trajet prévu pour les deux ou trois prochains jours, après on le sait c’est loin et ça peut changer.

Bon on pourrait toujours y aller mais avec des visibilités de 2 à 3 sm et des plafonds très bas, il est préférable de ne pas préciser, c’est pas encourageant d’autant que si nous les pilotes on veut voler et prendre de l’expérience de vol en brousse on aimerait quand même profiter du paysage et quant à Martine qui n’est pas pilote et qui fait le voyage juste pour la découverte du Nord ça serait plus intéressant de voir, quand même, un petit quelque chose.

Décision est donc prise de remettre le départ à mardi, créneau qui à long terme est plus prometteur.

Lundi 21 juillet au soir on se retrouve tous à l’hydrobase, de nouveau. Demain les prévisions sont encore mauvaises, évidemment on tombe sur la pire semaine météorologique. On verra demain matin.

Mardi 22 météo bouchée, d’après Norman qui connaît le coin mieux que le fond de sa poche ça devrait se lever. Téléphones au lac du Mâle, météo ça passe et au Plétipi ciel bleu. De plus les prévisions prévoient vers notre destination nordique du beau temps pour les deux prochains jours.

C’est là qu’il faut être, alors on prend la décision dès que la visibilité est acceptable on décolle.

Allez on charge, ça sera le premier chargement mais pas le dernier………..

Finalement Pascal décollera CFTUR à 11.00 et en deux heures, et quelques détours, nous amènera jusqu’au Gouin dans une météo plutôt mitigée, mais le plus dur est fait.

Petite escale, avec les premières mouches pas trop voraces, pour les besoins naturels et ravitailler notre oiseau et c’est reparti. Cette fois c’est mon tour. Démarrage loupé, ça commence bien, surtout que nous avons pris un accord avec Norman qui va nous montrer comme il a fait avec ses fils. Pas de passe droit et de gentillesse particulière

et attention il a amené sa longue règle, j’en mène pas large, pour le prochain je me méfierai.

Une heure cinquante minutes plus tard j’amerris à Baie du Poste. Entre temps la météo s’est améliorée tout le long de la route comme prévu et maintenant il fait beau.

Rencontre avec nos premiers vrais pilotes de brousse : Gilles, 35 ans de brousse et d'une simplicité désarmante, et Philippe un autochtone fou d’avions. Gilles est un vieux copain de Norman et le plaisir de se retrouver après plusieurs années est évident surtout qu’il est fortuit. D’ailleurs ce voyage sera propice aux rencontres pour le grand plaisir de Norman et le nôtre. Ce qui m’a frappé dans ces rencontres c’est la simplicité incroyable de ces pilotes qui volent dans des conditions difficiles et dans des régions arides et dangereuses et qui finalement ne font

que leur boulot et le font de tout leur cœur, des exemples à suivre.

Vincent prend les commandes et décolle direction le lac Plétipi via le lac Mistassini et la rivière Témiscamie. Deux heures 27 minutes plus tard, 19h10, après un super vol nous amerrissons sur un superbe lac dans un magnifique endroit.

Croyez nous le lac Plétipi ça vaut le détour.

Que dire de cette première journée qui se finit par un accueil remarquable, un super repas et une bonne nuit de sommeil !

Ce qui nous attirent dans le Nord, nous les amoureux des grands espaces, en tout cas moi, c’est cette

liberté, cette infinité que l’on ressent à chaque coup d’œil. Bien sûr, certains diront il n’y a que des lacs, des arbres et quelques collines, plus haut même plus d’arbres juste de la roche, mais c’est probablement parce qu’ils n’ont pas compris la poésie de ces espaces, l’envoûtement que procure ces répétitions, ces enchaînements de vie sauvage, ce vide apparent rempli, de tous nos sentiments et de vie à qui sait le voir.

Et que dire de tous les défis de pilotage, mille lacs, mille amerrissages différents, mille approches à comprendre, milles décollages, à bien gérer sans compter sur dame météo qui nous réserve toujours des surprises. Du pur pilotage loin des contraintes aéronautiques mais qui demandent d’autant plus de jugement. Oui la liberté ça se gagne, ça se mérite mais quel immense plaisir on en retire.

Tous je crois, ont terminé cette journée avec ces pensées plein la tête et des images plein les yeux et que nous réserve demain ?

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