
Lever de soleil au lac Plétipi
Mercredi 23, 5h30, lever, grand soleil,
silence imposant. Mes oreilles sillent tellement c’est calme,
l’eau du lac est translucide, on verrait une truite à
1
kilomètre
au moins……, pas de blague…!! Je suis pas pêcheur
alors je ne peux pas exagérer…!!, pas de vent, les eaux
sont parfaitement miroitantes. Quelle paix, quelle tranquillité.
Allez, au boulot, c’est pas
tout ça, il faut bien décoller, on est là pour
ça, non ?
9h00 Pascal décolle direction
le lac Pau ; sur le chemin on suit la rivière aux Outardes
jusqu’aux Monts Othis; ah! Tiens ! quelques plaques de neige
! il faut dire

lac Naococane
que le Mont Yapelfso culmine à
3725 pieds !
Bon
on y va ! en avant Nitchequon et le lac Naococane ! au fait est-ce
une mer avec des îles ou bien une terre avec trop de lacs ?
va savoir ! Mais que d’eau ! content d’être à
3000 pieds et d’éviter les milliards de mouches, moustiques
et autres charmantes petites bêtes qui seraient bien heureuses
de faire notre connaissance. Après un très bref survol
de Nitchequon, je me demande ce que les gens peuvent faire dans un
aussi petit village si perdu ! Direction le lac Pau par le réservoir
Caniapiscau, vide! Le niveau très bas dégage de superbes
plages mais honnêtement j’aurai préféré
le voir plus plein. Notre première destination du jour apparaît
après deux heures quarante minutes de vol. A la base d’Air
Saguenay, encore des copains à Norman, accueil très
sympa et on partage

Canyon Eaton

Canyon Eaton

Canyon Eaton

Canyon Eaton
la cantine des pilotes, merci à
tous là haut. On laisse passer l’orage et je décolle
vers le canyon Eaton; ça sera notre point le plus nordique,
55° 34’ 30’’ N
.
.
.
Magnifique ce canyon ! Ca valait le
détour ! Nous nous sentons un peu mieux car la rivière
asséchée tout comme le barrage nous avez laissé
un petit goût amer et j’avoue que c’était
triste à voir.
La rivière Goodwood que nous
redescendons vers Schefferville nous offre des rapides de toute beauté
; ces 20 minutes de vol nous offrent peut-être les plus beaux
moments de notre périple, de 1700 sm. Finalement j’amerris
2 heures après mon décollage à ’’Squaw
lake’’ juste à côté de la croix et
je me prends pendant quelques minutes pour un pilote d’Air Saguenay
de retour après une longue journée de vol, ceux qui
ont vu « Aviature » comprendront !
De nouveau le plein, et Vincent «
nous » re-décolle pour Wabush; nous descendons le ‘’Menihek
lakes’’, le ‘’Ashuanipi lake‘’
et le ‘’Shabogamo’’ pendant 1h35 minutes de
survol maritime avant un posé à Wabush. Ces lacs sont
vraiment impressionnants.
Saut de puce et nous voici de nouveau
au Québec, Fermont nous accueille. Il est 18h45 notre deuxième
journée de vol s’achève et tout comme la première,
nous voici remplis d’images et de souvenirs ; ils vont tourbillonner
pendant longtemps dans nos mémoires.
Ce que j’aimerais partager avec
vous, chers lecteurs, c’est ce sentiment incroyable d’espaces
infinis.Martine notre photographe, fera, en quatre jours, un millier
de photos. Après un tri il en reste un CD de 592 photographies,
mais je ne suis pas sûr, malgré toutes celles-ci et tout
ce que je pourrais écrire, être

Arc en ciel sur immensité
capable de vous faire partager ce
sentiment incroyable qui m’envahit tout entier.
Je sais j’en ai déjà
parlé et vous trouverez mes écrits redondants, mais
essayez d’imaginer un horizon sans fin, à chaque minute,
à chaque heure de vol passée vous vous dites, je vais
voir la fin, mais non l’horizon recule toujours, il se refuse,
il vous offre son infinité.
Que faire d’autre que se laisser
porter et vagabonder sur cette ‘’sauvagerie’’
!
Vous
pensez aux indiens et à nos ancêtres qui ont parcouru
ces immensités pour les découvrir, et vous pouvez sentir
à quel point ils étaient courageux et en symbiose avec
leur environnement, à votre tour vous vous laissez gagner par
l’humilité et porter par ce sentiment profond de partager
un espace grandiose qui vous donne la chance de l’entrevoir
et que peut-être vous ne méritez pas vraiment et dans
votre fort intérieur, vous vous excusez presque de déranger.
Espaces arides et sauvages, vous me
pénétrez et me remplissez d’une joie incommensurable.